Myocardiopathie Hypertrophique

Article provenant du site du LOOF :

Conseil Scientifique du LOOF - Avril 2012
  Recommandations concernant la myocardiopathie hypertrophique (ou HCM) chez le   Ragdoll

La myocardiopathie hypertrophique ou HCM en anglais pour Hypertrophic Cardio-Myopathy, est une maladie qui touche les chats sans pedigree ainsi que les chats de nombreuses races, dont le Ragdoll.

La HCM féline est une maladie de l’adulte et du jeune adulte. La majorité des chats est asymptomatique jusqu’au développement d’une insuffisance cardiaque congestive aiguë (arythmies, œdème pulmonaire, épanchement pleural, thrombose artérielle associée). La HCM peut être découverte fortuitement lors d’un examen clinique de routine, par l’audition d’un souffle cardiaque ou d’un bruit de galop. Dans certains cas, léthargie et anorexie ou difficultés respiratoires (dyspnée, toux) sont les seuls symptômes. Enfin, certains chats atteints de HCM sont sujets à des pertes de connaissance (syncopes) ou meurent brutalement en l’absence d’autres signes cliniques. En effet, elle est souvent muette cliniquement et peut se traduire par une paralysie ou une mort subite par thrombembolie.

L’origine de la maladie peut être congénitale, héréditaire ou bien acquise (une conséquence d’une autre maladie par exemple).

Chez le Ragdoll, le diagnostic de HCM peut être établi dans la plupart des cas par un examen échocardiographique, complété par un Doppler conventionnel, réalisé par un vétérinaire spécialisé en cardiologie.

Il existe une forme héréditaire de HCM chez le Ragdoll. La mutation responsable de cette forme particulière de HCM a été identifiée en 2007, dans un gène appelé MyBPC3. Un test génétique est disponible et permet de distinguer trois situations :

  • les chats porteurs d’une copie mutée du gène (dits hétérozygotes) sont à risque de développer la forme héréditaire de HCM due au gène MyBPC3. Ils transmettent la mutation statistiquement à 50% de leur descendance.
  • les chats porteurs de deux copies mutées du gène (dits homozygotes mutés) sont à très fort risque de développer la forme héréditaire de HCM due à MyBPC3. Ils transmettent la mutation à 100% de leur descendance.
  • les chats ne portant pas la mutation du gène MyBPC3 (dits homozygotes sauvages ou homozygotes sains) ne développeront pas la forme héréditaire de HCM liée à la mutation du gène MyBPC3. Ils ne transmettent pas la mutation.

En conséquence, chez le Ragdoll, il est recommandé :

  • de faire tester génétiquement et échographier tous les Ragdoll, avant la mise à la reproduction.
  • de faire échographier tous les ans les reproducteurs, quel que soit leur statut génétique.
  • de faire échographier tous les ans les non-reproducteurs homozygotes mutés ou hétérozygotes, afin de dépister au plus tôt la survenue éventuelle de signes de HCM et pouvoir mettre en place un traitement adapté.

 

Conseils pour la reproduction :

  • il est très fortement déconseillé de faire reproduire un chat homozygote muté ou chez lequel des signes de HCM ont été détectés à l’échographie.
  • il est conseillé d’éviter de faire reproduire un chat hétérozygote pour la mutation du gène MyBPC3.

 

Bibliographie :

Meurs K, Norgard M, Ederer M, Hendrix K, Kittleson MD. A substitution mutation in the myosin binding protein C gene in ragdoll hyperthrophic cardiomyopathy Genomics 2007;90:261-264.